Les mots avantagés – Oranges à cliquer – Appel à participation automatique – Je-ne-plaisante-pas – Les évadés sonores – Ecriture carcérale – Tentative de ne rien signifier – LAGEDUFAIR – POINT BARRE (./)

Cliquez-moi, je ne mords pas : push me, I do not bite

(Montez le son d’abord – please get louder before …)

 

 

Introduction au chaos épuré lofi

 

 

Le temps ne masque pas l’imposture des mots… hélas, des oriPEAUX en guise de parure, à la place des PEAUX…

Soufflez bien fort sur les bougies, et les aiLes s’échauffent… braise sur quoi L’AMOUR s’attise…

 

Un avantage sinon RIEN, je pars, ne me retenez PLUS… je suis un peu de pluie sur vos lèvres tannées…

 

Chutécoutele silence des autres

Adieu… Ah ah ah ah ah il fond…

Le lit du fleuve a retenu ses rêves au fond de sa patience un élan a surgi…

 

ESPÈRE

L’infiniment-tu-temps-doute

Encore trois mots :

oblicité ombilicale évanescente

 

(Crois-tu vraiment pouvoir leurrer ton inaction à la palabre ?)

 

AVIS A TOUTES LES LUCIOLES DE PARIS A TROIS-SAUTS :

NOUS ENTRONS DANS L’ÂGE DU FAIRE (ENFIN) !

 

MOT-CLÉ-CLIC : IMAGO

 

0-The end

 

(hardly)

 

1- the beginning

 

 

La « kerterre », quelques hyperécholiens pour en savoir plus…

« Kerterre » ? C’est quoi ? C’est qui ? Pour y répondre…

Juste des liens, sans en dire plus… car les mots de trop, sur la toile abondante, s’encombrent et se répètent…

Juste l’écho suffit… doit suffire… l’hyperécho liant la Terre à qui la lit…

 

Bonne lecture, bon visionnage ! Belle luciolisation, et lumière gratifiante à tous ceux-là qui réinventent le monde d’aujourd’hui et de demain – ainsi qu’à ceux-là qui, comme nous (début non négligeable), inventeraient chaque jour l’eau chaude, parce que l’eau chaude, waouh, c’est bien ! 😉

 

 

Mado

[…]

Mais on ne part pas comme on prend le métro au bout de la rue, comme on prend le train un beau matin, après s’être brossé les dents à l’eau de Cologne, et mis sur son 31 boulevard des geôles volontaires, on accomplissait alors son devoir de servitude quotidienne avec le sourire coincé qui est dû et requis à toute entreprise qu’on n’a jamais vraiment entrepris de concevoir comme un acte d’amour, plutôt comme un énième pas au sortir du berceau, alors qu’on nous acclame à des années de là d’avoir fini sa soupe jusqu’au seuil de la cuillère, et qu’en tout état de cause, on est bien fier de pouvoir montrer qu’on sait mieux que quiconque attacher ses chaussures et ses rêves avec la même confiance aveugle dans les graphiques en courbe qui démontrent assez savamment qu’on a quand même atteint le summum de l’évolution sapiens sapiens. « Tiens, c’est vrai, il faut que j’achète de la lessive au retour du boulot : homo lave plus blanc que blanc, faudra que j’essaie ».

Blanc, c’était aussi la couleur des voiles dont il avait un jour rêvé – osé rêvé, car son entourage lui avait aussitôt très nasalement ri au nez. Tant pis ses voiles seraient noires, comme le firmament, comme un cosmos inconnu et prometteur qu’on rencontre les nuits de nouvelle lune, quand on sort de chez soi aux heures tardives de la nuit, poussé par une insomnie entêtante, et qu’on se rencontre pour quelques secondes, soi-même devant l’infini, soi-même partie intégrante de l’univers miroir. Depuis combien d’années n’était-il pas sorti de chez lui à l’heure des sorcières et des chats perchés, à l’heure des lunatiques et des philosophes errants qui ont oublié où ils habitaient, quand le monde paraît si vierge qu’on se sent l’âme des premiers pèlerins, largués dans l’univers comme un avion qui décolle, lancés sur le chemin sans carte ni boussole… Depuis combien de temps, dis ?

Non décidément, la voie ferrée n’avait plus rien de sibérienne, et le métropolitain lui faisait davantage penser à des boites de sardines qu’on aurait juxtaposées sans les laver pour une expo d’art contemporain, qu’à un moyen de transport conçu pour aller plus loin…

Jadis, Mado avait croisé Tarik un long moment. C’était, il s’en souvenait, entre les pages noircies de merveilles d’un livre longtemps tanné au soleil. Comment s’appelait ce bouquin fantastique qu’il avait chiné autrefois chez un bouquiniste des quais de Seine qui disait appartenir à une famille de gens du cirque et attestait ses dires en jonglant avec les livres qu’il vendait ? Tarik était alors tombé devant lui, attestant au passage que le bouquiniste avait un peu perdu la main, et Mado l’avait relevé en même temps qu’il sortait un billet de sa poche, autant pour la prestation que pour le livre lui-même…

En y repensant ce matin-là, cramponné à sa barre de sécurité, dans son wagon conserve bondé de monde, qui l’amenait de Bondy à la Défense (sardine tu n’es que sardine et tu redeviendras sardine), il se demanda s’il n’aurait pas dû à l’époque accepter la proposition de Tarik qui semblait bien lui dire entre les lignes quelque chose d’important, comme une invitation à perdre pied dans la fuite idéale, comme un souvenir lointain de sa vie vagabonde :  « Non Mado, il n’est pas fou le nomade, il sait bien que la vie est partout, au goulet de la rade ».

Ce jour-là, Kevin Bosmail, au 36e étage de la tour Total, dans son vaste bureau entièrement équipé de produits dérivés du pétrole, recevait un bien curieux message :

« Bonjour M. Bosmail, ici Mado Norade, de la société Elevatronix. Je devais intervenir dans vos installations ce matin. Je viens cependant de croiser mon vieil ami Tarik entre les lignes. Je ne viendrai donc pas aujourd’hui, pas plus que demain, ni même après. Attention vos ascenseurs sont en panne et risquent de le rester un bon moment. Bonne verticalité à vous. Je vais quant à moi explorer l’éventualité d’une horizontalité libératrice.  Je vous envoie un ami alpiniste dans la semaine. Bien cordialement, M.Norade»

 

Everything you look for always remains between the lines…

Tout ce que tu recherches se trouve toujours entre les lignes…

 

Tiknote

 

Il était une fois, dans le sonnant Royaume des Lunes Bavardes, un réveil. Oui, vous avez bien entendu, un bon vieux réveil-matin des familles, de ceux-là qui vous torturent les oreilles, vous enquiquinent les tympans et vous tarabusquent l’esprit qui rêvassait si tendrement…

Notre réveil se prénommait Tiknote, nom qu’il devait de l’horloger du roi, Tiknobel, un fameux savant et ingénieur du Royaume qu’une épine de Pigalus Conus coincée entre les deux orteils avait rendu, dès son plus jeune âge, maître dans l’art d’articuler les aiguilles, qu’il plantait ça et là, dans un morceau de bois comme dans une boule de neige. Sa plus belle invention, reconnue dans tout le royaume, était une horloge atomique greffée au sommet du crâne et connectée aux pensées de son porteur et qui permettait, en cas de doute cartésien, de savoir si ce dernier était un bon sujet ou au contraire un affreux partisan de l’Abilboncoeur, le parti de l’opposition qui préconnisait alors un arrêt des hostilités envers le peuple voisin du Toutabéné, une réorientation écologique de l’économie de l’Avant-veille et, surtout, qui militait pour qu’on arrête de soutirer à la planète le précieux proctoctoil, minerai hermaphrodite et fortement lunatique qui faisait en ce temps-là fonctionner toute la machinerie du royaume de l’Avant-veille.

Tiknote avait été conçu la nuit où l’épouse de l’horloger, Rosa Boneuil, souffrante depuis des lunes d’un mal qu’aucun docteur du royaume n’avait pu juguler, avait rendu son dernier soufle, après avoir murmuré à l’oreille larmoyante de son mari : « donne-leur une raison de rêver et des notes sensibles pour adoucir leurs peines ». Son époux, pensant que sa femme avait perdu la raison et s’était peut-être accoquiné avec quelque partisan de l’Abilboncoeur, recueillit pieusement ces dernières paroles mais ne les ébruita jamais. En revanche, dès que son oreille en deuil eut versé toutes ses larmes, Tiknobel, le coeur fourbu, et la bouche à jamais close, se mit à l’ouvrage. Il travailla toute la nuit, fondit, coupa, perça, ajusta les aiguilles façonnées dans un alliage d’harmonium et de mystigon et les fit tourner, surmontant un cadre en forme de coeur, taillé dans un très rare morceau de bois flotté stellaire, un bois qui avait parcouru des milliers d’années lumière dans le cosmos avant de se poser tout en douceur sur les genoux de Rosa Boneuil, un beau jour de noctembre – Tiknobel s’en était souvenu, non sans qu’une larme mémoire ne vienne lui chatouiller les oreilles et lui rappeler l’événement, exactement comme s’il avait eu lieu cette nuit-là. Les larmes, dans le pays des lunes bavardes, avaient en effet cette curieuse habitude de faire revivre les événements, trait pour trait et en couleurs, à ceux qui les versaient…